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The only way

to get rid

of a temptation is

to yield do it.

Resist it, and your soul

grows sick

width longing for

the things

it has forbidden

to itself, with desire

for what its monstrous

laws have made

monstrous

and unlawful

Oscar Wilde

Le seul moyen

de se délivrer

d'un tentation,

c'est d'y céder.

Résistez

et votre âme

se rend malade

à force

de languir

ce qu'elle s'interdit

Oscar Wilde

De bons motifs - Claude Viallat De bons motifs - Claude Viallat

21.09.2021

De bons motifs

Claude Viallat

Sans titre

2011
Technique mixte sur papier
Signée en bas à droite
28,5 x 26 cm

Prix conseillé

2500 euros

Prix Love&Collect

1800 euros

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De bons motifs

Claude Viallat (né en 1936)

21.09.2021

Claude Viallat

Sans titre

2011
Technique mixte sur papier
Signée en bas à droite
28,5 x 26 cm

Prix conseillé

2500 euros

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De bons motifs

L’ornement est un crime; en 1908, l’architecte Adolf Loos, auteur de villas cubiques immaculées, publie un texte retentissant. Ornement et Crime s’impose comme la bible du dépouillement, puis du modernisme et du minimalisme. Rompant radicalement avec l’éclectisme décoratif, typique des ornemanistes viennois du XIXe siècle, qui ont couvert de motifs en ciment cloué toutes les façades de la ville, mais aussi avec les artistes de la Sécession comme Klimt ou Schiele, qui s’appuient sur le décoratif pour rénover la peinture, Loos promeut la simplicité, la géométrie et la cohérence structurelle: la forme doit exprimer la fonction, sans ornements superflus. Dans son texte, l’architecte démontre que l’ornement est un véritable crime, esthétique mais aussi économique, car il coûte trop cher à produire; incompatible avec l’industrialisation, il ralentit la croissance du pays et retarde le progrès culturel. Positiviste en diable, Loos croit fermement que l’évolution de la culture est synonyme d’une disparition de l’ornement sur les objets d’usage.

Le texte enthousiasme Le Corbusier, qui le publie en 1920 dans le deuxième numéro de sa revue L’Esprit nouveau. Défenseur lui aussi d’une vision évolutionniste de l’art et de l’architecture, il mène un combat sans merci contre l’arabesque. Nous sommes alors dans l’entre-deux-guerres: cette vision progressiste n’est pas exempte d’ambigüité, comme en témoignent les dérapages de Loos, qui professe par exemple que l’homme moderne qui se tatoue est un criminel ou un dégénéré. Les nazis eux-mêmes se saisiront, on le sait, de ce qualificatif pour combattre l’art moderne. En 1925, dans L’Art décoratif d’aujourd’hui, Le Corbusier s’enflamme à son tour: Nous qui sommes des hommes virils dans un âge de réveil héroïque des puissances de l’esprit, dans une époque qui sonne un peu comme l’airain tragique du dorique, nous ne pouvons pas nous étaler sur les poufs et les divans parmi des orchidées, parmi des parfums de sérail.

A contrario de ces minimalistes ascétiques, qui traquent le moindre ornement, le plus petit motif, des artistes font entendre une tout autre musique. Paradoxalement peut-être, ils parviendront quasi simultanément au même point: l’invention de l’abstraction, mais grâce à un tout autre trajet, accompli celui-là à travers la dense forêt de l’ornement et du motif, cette unité composée d’un ou plusieurs éléments décoratifs (illustrations figuratives ou formes graphiques), répétée en all over sur un support pour créer un rythme visuel, régulier ou irrégulier. Organisée ne 2001 à la Fondation Beyeler, l’exposition Ornement et abstraction entendait explorer l’influence récurrente des schémas décoratifs sur les courants du grand art, parfois appelé art pour l’art. Non sans provocation, le commissaire de l’exposition, Markus Brüderlin, s’interrogeait alors: Ne peut-on voir dans l’évolution de la peinture abstraite du XXe siècle une sorte de prolongement de l’histoire de l’ornement? Si l’exposition fit date, c’est qu’elle opérait un renversement crédible de la perspective historique généralement admise, mettant au jour les liens existant entre l’ornementation, notamment l’ornementation islamique, liée à l’interdit de la représentation, et les mouvements d’avant-garde dans l’art occidental. Et non seulement les mouvements notoirement inspirés par l’arabesque, comme l’Art Nouveau, ou par la géométrie, comme le cubisme, mais jusqu’aux créations des minimalistes américains des années 1960.

Cependant, le motif peut être abstrait, mais il peut également être réaliste ou naturaliste. Partant, l’histoire moderne et contemporaine de la peinture figurative peut également être lue à l’aune du décoratif, lequel, s’immisçant dans les tenues ou les intérieurs, peut aller, comme chez les peintres nabis de la fin du 19e siècle, jusqu’à créer des effets de mise en abyme étourdissants. Ainsi, les somptueuses scènes de la vie quotidienne saisies par Vuillard pour orner les murs de la demeure de la famille Vaquez, figuraient les personnages de la famille dans leur décor quotidien, engendrant avec leurs activités quotidiennes un effet de miroir troublant. Saisis dans leur intimité – l’un lit, l’autre coud ou se tient en arrêt devant la bibliothèque, la main posée sur un livre – ils se fondaient littéralement dans le décor, qui les absorbaient littéralement, créant un trouble profond. Dans le Corsage rayé, peint par Vuillard en 1895, les personnages disparaissent presque dans un décor où la couleur et leur disposition en taches et en lignes tout en sinuosités renvoie le sujet à l’arrière-plan.

C’est Henri Matisse qui tirera toutes les leçons des expérimentations des Nabis. Lorsqu’il peint en 1911 son Intérieur aux aubergines, la trame de motifs floraux ornementaux et les couleurs mates à la détrempe produisent l’effet d’un papier peint, d’une décoration de muraille revendiquée par le peintre, qui fait alors un éloge constant du décoratif. Matisse pousse l’ornement, les ornements, même, qu’il entremêle pour transformer le tableau en un véritable patchwork, au maximum de leur potentiel optique. À propos de son chef d’œuvre La famille de l’artiste, peint en 1911, il écrit avec une satisfaction gourmande à l’un de ses plus proches admirateurs, Michael Stein: Vous remarquerez que sur le mur j’ai mis des fleurs comme sur un papier de tapissier…

Nulle surprise, donc, à retrouver Matisse en tête des influences de ceux qui, à compter des années 1950, ont cherché à dépasser définitivement le carcan de l’abstraction et de la figuration, ou au contraire ont radicalisé chacune de ces approches. En 2009, une exposition montrait ainsi l’influence de Matisse sur des artistes comme Pollock ou Rothko, mais aussi Buren ou Viallat. En 1974 et 1975, l’historien de l’art Jean-Claude Lebensztejn rencontrait ainsi parmi les artistes contemporains américains les plus influents de l’époque, afin de leur poser une seule question: quelle était l’influence d’Henri Matisse sur leur travail? Comme tant d’autres, le héraut du minimalisme Donald Judd lui répondait sans détour: je pense depuis longtemps que Matisse est indubitablement le meilleur artiste du 20e siècle. Mais il en va de même pour les peintres figuratifs, comme Vincent Bioulès ou David Hockney, dont le conservateur Didier Ottinger va jusqu’à souligner que, rare, très rare parmi ses contemporains, il a fait sien le projet réitéré par Matisse de produire un art de la Joie de vivre.

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